Élever des enfants multiculturels en Corée

| Colleen Chapco

3 minutes de lecture

Élever des enfants multiculturels en Corée

Devenir nouvelle maman est une expérience transformatrice, pleine de joie et de défis. Pour moi, l'arrivée de mon bébé a coïncidé avec une période d'adaptation intense, car ma belle-mère coréenne est venue aider avec le nouveau-né tandis que mon ex-mari était remarquablement absent, me laissant naviguer dans ce nouveau monde en grande partie seule.

Mon fils est né au Canada et quand il n'avait que quelques semaines, je suis rentrée en Corée, seule. Une semaine avant notre départ prévu, son père m'a surprise en m'annonçant qu'il resterait au Canada pour travailler à son entreprise pendant que je rentrais en Corée pour travailler et rembourser les dettes accumulées pour cette même entreprise. C'était il y a 20 ans et encore aujourd'hui, il n'a jamais vraiment montré d'intérêt à être un père. Autrement dit, d'un seul coup, je suis devenue une mère célibataire venue du Canada, élevant un enfant en terre étrangère.

Je n'avais rencontré ma belle-mère que quelques fois auparavant. Et même si elle était un ange de m'aider, nos différences culturelles et générationnelles étaient palpables. Au début, ma belle-mère ne parlait pas anglais, et ma maîtrise du coréen était rudimentaire, pour dire le moins. Ce décalage de communication n'a fait qu'intensifier le défi, me rendant vivement consciente du fossé entre nos deux mondes.

Face à cette situation intimidante, j'ai pris la décision consciente de rester fidèle à moi-même plutôt que d'essayer d'endosser le rôle de la « belle-fille coréenne » idéale. Je savais que faire semblant d'être quelqu'un que je n'étais pas ne ferait que créer des bases fragiles. Ma capacité à jouer le rôle d'une belle-fille culturellement adaptée finirait inévitablement par vaciller, et je me retrouverais à décevoir tout le monde, y compris moi-même. J'ai plutôt choisi de fixer des limites claires et d'assumer mes propres zones de confort. Cela signifiait parfois refuser des demandes ou des traditions qui me semblaient étrangères ou écrasantes. J'ai compris qu'il valait mieux affronter une déception initiale avec honnêteté plutôt que de créer des attentes irréalistes et faire face à une désillusion bien plus grande par la suite.

raising-multicultural-children-in-korea-2

Cette approche n'a pas été sans défis. Il y a eu des moments d'inconfort et de maladresse, mais en étant honnête sur mes limites, j'ai pu forger des liens plus authentiques avec ma belle-mère. Au fil du temps, mon ouverture et mon authenticité sont devenues un pont entre nous. Plutôt que d'être perçue comme une étrangère distante cherchant à rentrer dans un moule, je suis devenue quelqu'un de sincère et de respectueux, même si je n'étais pas totalement en phase avec chaque nuance culturelle. La friction initiale a cédé la place à une compréhension mutuelle, et ce qui avait commencé comme une période d'adaptation tendue s'est transformé en une relation respectueuse et bienveillante.

Cette expérience m'a appris une leçon précieuse : l'authenticité est bien plus durable que la pretense. Quand on est plongé dans un nouvel environnement culturel, que ce soit en Corée ou dans n'importe quel autre pays, le même principe s'applique. Essayer trop fort de s'intégrer ou d'adopter une personnalité qui ne te ressemble pas peut mener à une intégration fragile et finalement insatisfaisante. La phase de lune de miel qui accompagne l'adaptation à une nouvelle culture est exaltante, mais éphémère. Maintenir une façade devient de plus en plus difficile à mesure que la nouveauté s'estompe, et le sentiment de trahison ou de confusion qui en résulte peut abîmer les relations et freiner les vraies connexions. Ainsi, embrasser ton vrai toi, tout en restant ouvert à l'apprentissage et à l'adaptation, offre une base plus solide pour des interactions significatives et une réussite sur le long terme.

Colleen Chapco Colleen Chapco
Colleen Chapco

J'aide les expatriés à s'épanouir dans la culture des affaires coréenne

Lire dans une autre langue

© 2026 Tous droits réservés